Traitement & fermentation

Qu'est-ce que le thermal shock process ?

Le thermal shock process est une technique expérimentale de post-récolte du café dans laquelle les cerises fraîchement cueillies sont soumises à des alternances rapides de températures élevées et basses (typiquement 60–80 °C puis 5–15 °C) avant ou pendant la fermentation. Ce choc thermique vise à modifier la structure cellulaire du mucilage et à activer ou inhiber sélectivement des enzymes et micro-organismes spécifiques, produisant des profils aromatiques distincts et inhabituels.

Le thermal shock process est l'une des innovations de post-récolte les plus récentes et les moins documentées dans la communauté du café de spécialité. Développé initialement dans des micro-estates du Costa Rica et de Colombie au début des années 2010, ce procédé s'inspire de techniques culinaires (blanchiement, thermisation) et de principes de fermentation agroalimentaire.

Le principe de base est le suivant : les cerises entières (ou le mucilage après dépulpage) sont plongées dans de l'eau chaude (60 à 80 °C) pendant une période courte (5 à 30 minutes), puis immédiatement transférées dans de l'eau froide ou glacée (5 à 15 °C). Ce choc thermique provoque plusieurs effets : la perméabilisation des membranes cellulaires du mucilage, libérant des sucres et des enzymes autrement inaccessibles ; l'inactivation partielle ou totale de certaines souches de levures sauvages ou de bactéries indésirables ; la dénaturation partielle de protéines enzymatiques qui modifie la cinétique de fermentation ultérieure.

Après le choc thermique, les cerises sont fermentées selon des protocoles variés : fermentation anaérobie standard, fermentation avec inoculation de levures sélectionnées, ou séchage direct (pour produire un profil entre natural et thermal shock). Les producteurs rapportent que le thermal shock amplifie certaines notes — fruits tropicaux, miel, notes de canne à sucre — tout en réduisant les défauts ferrementaires courants (sous-fermentation, over-fermentation).

Le manque de recherche scientifique publiée sur cette technique rend difficile l'évaluation objective de ses mérites. Des cuppings comparatifs réalisés par des Q-graders sur des lots thermal shock vs lots standard de la même origine montrent des différences mesurables en acidité perçue et en douceur, mais les résultats varient selon les opérateurs. La communauté attend des études microbiologiques et biochimiques rigoureuses pour valider les mécanismes revendiqués.

Étapes du thermal shock process

  • Cueillette sélective des cerises à maturité optimale (refractomètre, sélection manuelle)
  • Plongée dans l'eau chaude (60–80 °C) pendant 5–30 minutes selon le protocole
  • Transfert immédiat dans l'eau froide ou glacée (5–15 °C) — le choc thermique
  • Fermentation (anaérobie, avec inoculation ou sauvage) pendant 24–96 h selon l'objectif
  • Dépulpage et lavage (si washed) ou séchage direct (si natural ou honey post-thermal shock)
  • Séchage sur raised beds avec contrôle de température et d'humidité